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Encore deux semaines à boucler le dernier chapitre de mon histoire kirghize, et à organiser le rapatriement de nos affaires depuis Bichkek, dans le calme de l’enceinte de la belle Kashgar, pour pouvoir enfin, après 38 jours de séparation, retrouver mon appareil photo.

Un grand merci à Daniel, Tolkun, Nurbeck, Ruslan qui nous ont aidés à trouver une solution alternative à DHL (qui nous demandait près de 500 dollars pour acheminer nos biens vers Urumqi…!) en recherchant des voyageurs qui, partant pour la Chine, pourraient emmener notre équipement, et merci à Suzi et Stephan qui, sans nous connaître, ont accepté de les transporter et de nous les remettre à la frontière sino-kirghize.

Sentiments de soulagement et de réparation. Justice. Et un grand vide, un calme.

Je peux enfin poser les yeux sur la ville, m’ouvrir à elle et rien qu’à elle. Regarder, observer, remarquer…

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Imaginez une ville-oasis à l’extrême sud-ouest du territoire chinois, aux pieds des montagnes du Pamir et bordée par le désert du Takla-Makan…

Des ruelles mystérieuses qui se faufilent derrière des murs de briques en terre, des maisons aux portes toujours ouvertes, mais dont l’intimité reste gardée par un simple tissu qui joue avec le soleil et les courants d’air, et où l’imagination dessine les reliefs d’une architecture subtile vieille de plusieurs centaines d’années…

Se promener dans la vieille Kashgar, c’est prendre une énorme claque temporelle, c’est  s’injecter une maxi-dose de dépaysement instantané.

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Lettres de Bishkek

Bichkek, capitale de ce nouveau pays semble être une petite copie d’Almaty. Même architecture soviétique, même quadrillage de rues, et à nouveau de puissantes montagnes comme arrière-plan.

Arrivée à la Sakura gesthouse, je retrouve avec plaisir ces moments de partage entre voyageurs qui échangent histoires de route et conseils utiles. Un compatriote, parti depuis Lausanne à vélo, ne sait comment rejoindre le Tibet avec les maigres vingt jours de visa chinois. Certains arrivent de Chine et me racontent la si belle Kashgar, d’autres me parlent de ces sources d’eaux chaudes au creux des montagnes kirghizes…

Le printemps semble ne pas vouloir se montrer ici et le froid de l’hiver commence à avoir raison de moi. Enroulée dans mon sac de couchage et lutant contre l’humidité vicieuse de ces nombreux jours de pluie, je rêve d’explorer ce Kirghizstan sur lequel je ne pensais même pas poser les yeux il y a quelques jours encore.

Mon passeport en vacances à l’ambassade chinoise pour une nouvelle course au visa, je m’embarque avec de nouveaux amis pour quelques jours dans la région de Karakol, à une demi-journée de route de là.

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Le magnifique lac d’Issy-Köl s’impose dans un bleu profond au devant de la chaîne centrale des Tian Shan. A peine une nuit à Karakol et nous prenons le chemin de Altyn Arachan, obsédés par la promesse des sources d’eau chaude que nous y trouverons.

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Cavalcades kazakhes

Arrivée à 5 heures du matin sans même un petit billet d’argent local pour me payer un taxi et quelques kilomètres à remonter ses rues quadrillées à la règle en attendant que la ville se réveille.

Architecture soviétique décalquée sur les bâtiments, îlots de verdure et parcs de détente, jardins d’enfants aux drapeaux colorés, et au loin surplombant la cité, de larges montagnes blanches qui se dessinent, enfin!

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Quatre journées citadines et un nouveau train de nuit à destination du merveilleux parc national de Sayram-Ugam blotti contre la frontière ouzbek au pied du Talassky Altau (extrême nord-ouest de la chaîne des Tian Shan).

De nouvelles rencontres touchantes avec de vieux combattants ivres de vodka qui répètent pendant des heures que le monde doit être uni, tout en partageant avec nous à pleine main un délicieux poulet qui vaut mille fois mieux que nos habituelles noodles soups de voyage.

La nuit se passe confortablement entre les ronflements des uns et les odeurs de pieds des autres.

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Lausanne, jeudi 12 mars, 19h20: Le train qui m’emmènera jusqu’à Berne m’offre un compartiment rempli de Tibétaines… Comment ne pas voir dans ce petit signe du destin un clin d’œil bienveillant à ce voyage qui commence à peine? Je n’ai qu’à fermer les yeux et j’y suis déjà. Les rires sont si prenants, si profonds, que mes yeux s’emplissent de larmes alors que le lac Léman me dit au revoir dans un petit crépuscule de printemps… Comment ne pourrais-je pas arriver là-haut, cette fois-ci, après tous ces kilomètres que je m’apprête à parcourir en train, en bus, peut-être à pied s’il le faut…?

Deux jours de train jusqu’à Moscou, une amende pour cigarette fumée hors du carré autorisé à Berlin, et voilà toutes mes sensations de voyageuse qui se remettent immédiatement en route. La tête se relâche, les yeux s’ouvrent, le cœur se libère, et la merveilleuse magie de l’inattendu, de l’inconnu est à nouveau possible…

Une gare anonyme au milieu de la Russie, la lumière de fin de jour saturant un peu plus les couleurs dans le froid de cette fin d’hiver, et moi déjà bien défraîchie, avec quelques autres curieux, en train d’observer un acte simple, un petit rien, une machine qui s’en va et une autre qui la remplace. Est-ce normal d’être aussi émue devant un simple changement de locomotive?

Je voyage en compartiment de 2e classe, un compartiment « spécial dames ». Il ne me faut pas longtemps pour être adoptée par la petite mama russe qui partage le minuscule espace avec moi; elle s’inquiète de savoir si quelqu’un viendra me chercher à la gare, elle qui ne comprend déjà pas pourquoi je pars si loin, et seule…

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Voyager c’est un peu comme un jeu. Jouer à se perdre puis à se retrouver. Chercher de nouveaux points de repère, pousser son sens de l’orientation alors qu’il est en pagaille, faire de lieux inconnus des endroits peu à peu apprivoisés. Voyager c’est aussi se confronter à des mots et des lettres qu’on ne connaît pas, les écouter, les déchiffrer, apprendre à les prononcer.

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